Orientation post-bac : décryptage d’une réforme qui organise la sélection !

« Plan étudiants » présenté par le Premier Ministre le lundi 30 Octobre : éléments de langage, rhétorique et stratégie libérale ! (En bas de cette note, la présentation du « Plan étudiants » et une courte revue de presse)

 

Une « sélection » imposée !

F. Vidal (Ministre de la sélection à l’Université) et G. Philippe ont tout fait pour user d’éléments de langage lors de la présentation du « Plan étudiants » sensé régler le problème du tirage au sort et de la réussite des élèves à l’université…  Le droit d’accès pour toutes et tous à l’université est un enjeu fondamental qui doit permettre le choix de tout bachelier à une formation et une qualification la plus haute. Les prérequis, les conditions nécessaires (fixés par les universités) sont un moyen de sélection car, alors que le nombre de bacheliers va encore augmenter, le nombre de places, lui, ne va pas bouger. Une opération mathématique assez simple : 200 000 nouveaux bacheliers d’ici 2022 et seulement 32 000 nouvelles « places » dans les universités !

 

La rhétorique libérale (d’économie des dépenses publiques) autour de l’échec des étudiants à lire avec un regard sur l’ensemble du système éducatif.

Le mode de fonctionnement de l’Université, notamment ses modalités d’évaluation, se présentent malheureusement comme le 1er mur face auquel les jeunes se retrouvent après leur scolarité obligatoire. Or, c’est le niveau effectif et l’exigence de connaissances acquises par tous qui doivent être interrogés. Le service public a pour mission de proposer une offre égale à tous dans un esprit de d’émancipation et de formation de citoyens. Tout est fait depuis de nombreuses années pour le faire dysfonctionner et faire accepter à l’ensemble de la population son aspect « low cost », issu d’une logique de mise en concurrence !

 

La stratégie de privatisation et de mise en concurrence des universités… et des jeunes !

L’université n’aurait-elle plus pour mission l’accès aux savoirs et aux qualifications dans une perspective de formation de citoyens cultivés, critiques, futurs travailleurs ? Bien que la société ait évoluée et que le statut de salarié ne soit plus l’unique voix d’exercice d’un métier, la question globale autour de la formation (initiale et continue) et de l’évolution de carrière reste posée. Et elle relève d’une responsabilité collective et non individuelle ! La logique « d’accompagnement de chacun » remet en question l’ascenseur social que doit être le système éducatif et impose la logique d’orientation comme seule fonction de l’école. Une fatalité qu’il faut dénoncer et à laquelle il faut renoncer.

 

Revue de presse « Plan étudiants » :

Plan Étudiants : accompagner chacun vers la réussite (education.gou.fr)

Thierry Mandon : « Si la réforme n’est pas financée, ce sont les droits d’inscription qui vont être augmentés » (France Inter 31-10-17)

Hamon : « Cette réforme de l’université, c’est la remise en cause de la liberté d’accès à l’enseignement » (Libération 30-10-17)

Tous désorientés ?  (France Culture 12-11-17)

Plan étudiant : Sélection pour l’ensemble des filières  (Café Péda 31-10-17)

Rappel : L’autonomie des universités est réussie, mais au prix d’importants sacrifices sur la formation (Le Monde 25-08-15, article payant mais le titre suffit !)